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Publié par M

Ce titre est un proverbe polonais : « le paysans meurt de faim et son maître de gourmandise ».

N’est-ce pas ce qui se passe en ce moment ? Cette semaine, nous souhaitons mettre en avant les paysans du monde, parce qu’ils sont nos nourriciers, sans qui nos assiettes seraient vides. Nous avons tout à apprendre de leur part, car la chose la plus importante dans la vie est, bêtement, d’être vivant. Et cela passe par l’alimentation, l’eau et la sécurité.

Qu’est-ce qu’un paysan ?

Selon le Larousse, c’est une « personne qui vit à la campagne de ses activités agricoles. (Ses synonymes sont souvent employés à cause du sens péjoratif du mot.) »

On voit déjà dans le dictionnaire que le mot paysan a un sens péjoratif.  C’est bien dommage puisque se sont eux qui nous permettent de manger.

Les paysans meurent de faim

870 millions de personnes sont affamées. Selon l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO), « La majorité des êtres humains n’ayant pas assez à manger vivent au sein de communautés rurales pauvres dans les pays en développement. Les personnes affamées et victimes d’insécurité alimentaire produisent souvent de la nourriture. Elles pratiquent l’agriculture sur de petits lopins de terre. Elles élèvent des animaux, pêchent du poisson. Elles font ce qu’elles peuvent pour nourrir leurs familles ou vendent leurs produits sur les marchés locaux. Elles sont rarement propriétaires de leurs terres et travaillent comme journaliers agricoles pour assurer leur subsistance. C’est un travail souvent saisonnier, et la famille est contrainte de se déplacer ou de se séparer pour survivre. Ce sont des personnes qui travaillent dur et ont du mal à mettre de l’argent de côté pour affronter les situations d’urgence. Même lorsqu’il y a suffisamment de nourriture, la menace de la faim est omniprésente. »

Ce sont donc les paysans, qui sont à la base de notre alimentation (mais également des habits que l’on porte), qui meurent de faim. Une aberration !

Sinon, ils se suicident

On avance dans cet article le chiffre de 250 000 paysans qui se sont suicidés en Inde depuis 1997. En France, un paysan se suicide chaque jour.

Alors oui, il y a du suicide dans toutes les professions et dans toutes les classes sociales. Mais quand même. Pourquoi un paysan, qui travaille sa terre et nourrit le monde, en arrive-t-il à se suicider ? La question est complexe et nous ne sommes pas experts, mais le problème est quand même étrange.

Plusieurs réponses sont proposées par les experts :

  • Difficultés financières et endettement, ce qui est de plus en plus vrai dans notre économie mondialisée. Les paysans sont maintenant en concurrence les uns avec les autres et leurs produits sont soumis à la spéculation boursière. Un autre exemple, autrefois, les paysans pouvaient réutiliser les semences de la récolte précédente pour la nouvelle saison. Mais avec la révolution verte et l’arrivée des brevets sur les semences, les paysans, qui possèdent pourtant la connaissance de la Terre, n’en possèdent plus les graines. Pendant des milliers d’années, les paysans ont sélectionné les meilleures plantes de leurs récoltes pour améliorer les récoltes suivantes. C’est la Terre qui leur donne ces graines et c'e elle qui les fait pousser. Pourtant, les géants de l’agronomie se sont accaparés plus de 99% des semences existantes (obtenues par des milliers d’années de travail des agriculteurs). Chaque année, le paysan doit donc à nouveau racheter les graines aux entreprises. Il a dans un même temps dû acheter les machines, les pesticides, et tout ce qui va avec la mécanisation de l’agriculture. Mais pas pour son plus grand bonheur au final.
  • Pas d’avenir. Avec la mondialisation, les jeunes sont de moins en moins attirés par le travail à la ferme. Tout le monde part en ville trouver du travail et un avenir meilleur. Les paysans ne représentent plus que 4% des français. La population paysanne vieillie et ne transmet ses savoirs à personne. Quel gâchis, toutes ces connaissances transmises de générations en générations, et maintenant, qui se perdent ! Pourtant, savoir se nourrir, n’est-ce pas la base de la vie ? Qui nous nourrira dans les années à venir ? Souhaitons-nous laisser aux machines le travail, alors que le chômage est déjà un problème dans notre société ? Souhaitons-nous laisser les entreprises décider de ce qu’elles cultivent, sans tenir compte de la nature ? La révolution verte a amené son lot d’avancées techniques, mais nous avons tellement perdu en termes individuels.
  • Difficultés des conditions de travail et santé. Le travail d’agriculteur, bien que nous ne l’ayons pas expérimenté, doit être pénible. Cela doit être d’autant plus vrai quand il faut nourrir seul des centaines de personnes. Avec l’usage intensif des intrants dans les cultures, tels que les pesticides, les agriculteurs sont maintenant exposés aux dangers de l’agriculture moderne. Par exemple, saviez vous que la maladie de Parkison est reconnue comme une maladie professionnelle chez les agriculteurs ? Pourtant, l’agroécologie, saine pour l’homme et la nature, est capable de nourrir l’humanité.
  • Les caprices de la nature et éventuelles destructions des récoltes. Mais ça ne devrait pas vraiment être un problème de nos jours, car il existe des endroits dans le monde où on jette de la nourriture tellement on en a, et puisque les frontières sont ouvertes aux aliments, elles pourraient très bien l’être pour les surplus également. Oh mais là par contre on rentre dans des questions politiques et économiques, et le paysan n’y est pas pris en compte.

Il existe bien d’autres facteurs qui expliquent les inégalités entre les paysans et le reste des habitants de la planète. Nous avons franchi un nouveau cap, nous sommes plus d’habitants en ville qu’en campagne. Alors, qui va nous nourrir dans les années à venir ? Est-ce une situation acceptable ?

Il existe pourtant des solutions, multiples, et nos lecteurs pourront peut être en partager d’autres :

  • Renouer le contact avec les paysans de chez nous, les respecter pour ce qu’ils font pour nous
  • Favoriser une agriculture respectueuse des hommes et de l’environnement
  • S’alimenter en écoutant la nature, au fil des saisons, et de façon naturelle, pour éviter les intermédiaires entre la Terre, le paysan et le consommateur
  • Exiger une agriculture qui permette aux paysans de vivre de leur travail, par exemple à travers le commerce équitable
  • Apprendre à jardiner et à connaître la nature, le transmettre à ses enfants, pour que tout ce que nos ancêtres ont appris ne soit pas détenu aux seules mains des industriels. Par exemple, pour nous deux, nos grands parents savent cultiver la terre et le font encore à ce jour. Pourtant, aucun de nous deux ne sait comment s’occuper d’un plant de carottes ou de fraises. Nous avons pour projet de cultiver notre propre jardin à l’aide des informations que nous récoltons auprès de nos grands-parents.

 Les informations que nous partageons sur ce blog permettent de donner un peu plus de pouvoir et d’avenir à nos paysans. C’est à nous tous d’agir, soyons des « consom’acteurs » !

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Le paysan meurt de faim et son maître de gourmandise

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