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Publié par M

Mise à jour Août 2013 : Le magazine 60 millions de consommateurs vient de publier un très bon dossier sur le Bio, que vous pouvez lire en pièce jointe.

Dans un précédent article, nous avions expliqué ce qu’est le Bio et comment consommer Bio. Un autre article traitait des alternatives aux cultures " conventionnelles – chimique ". Quand on parle d’alimentation Bio, certaines questions et idées reviennent souvent, et nous allons tenter d’y répondre.

Le Bio oui, mais c’est cher 

En effet, lorsque l’on passe à la caisse, les produits Bio sont sensiblement plus chers.

Cependant consommer des produits Bio ne veut pas dire qu’on dépense plus ! Petite explication : " des études montrent que les ménages qui se fournissent dans des magasins Bio spécialisés ou directement chez le producteur consacrent moins d’argent en moyenne pour l’alimentation car ils sont plus proches de leurs besoins réels " [ecoconso]. En effet, c’est logique, nous vivons aujourd’hui dans une société où nous consommons trop (gâchis, pertes, obésité…). Ceci est en partie dû au marketing : lorsque nous faisons nos courses en grande surface, nous avons tendance à acheter plus que ce que nous avons vraiment besoin. Dans les magasins Bio il y a moins de marketing donc on a plus tendance à acheter ce dont on a réellement besoin et au final o consomme moins mais mieux. Ce propos est très bien illustré dans le film "Nos Enfants Nous Accuseront" : deux mères de famille, qui se sont mise au Bio, parlent de leur expérience et disent qu’au final elles dépensent autant qu’avant, car même si c’est un peu plus cher, elles consomment maintenant ce dont elles ont vraiment besoin et plus le superflu [site du film]. De manière personnelle, nos dépenses alimentaires ont chuté depuis que nous nous sommes mis au Bio, puisque en même temps, nous faisons beaucoup plus attention à ce que nous mangeons. Nous n'achetons par exemple plus de plats tout prêts, ni de bonbons, biscuits ou sodas. 

De plus, les produits Bio sont un plus cher, mais le prix que l’on paye aujourd’hui pour les produits de l’agriculture chimique n’est pas le vrai. En effet, Lylian Le Goff, un médecin environnementaliste, explique dans ce même film "Nos Enfants Nous Accuseront", que si l’on prend en compte les subventions de l’état, les coûts environnementaux et les coûts sanitaires, le prix des aliments issus de l’agriculture chimique pourrait être multiplié par 3 voire 4. Par exemple, en 2006, l’agriculture française a bénéficié de subventions et d’aides indirectes pour un montant de 11,2 milliards d’euros [INSEE p79], dont seulement une petite partie à l’agriculture Bio. De plus, les dégâts environnementaux causés par l’agriculture chimique et intensive, comme les pollutions aux algues en Bretagne, coûtent très cher aux contribuables. Ces coûts sont reportés sur nos impôts, au lieu de se retrouver sur le ticket de caisse. Par conséquent, les produits issus de l’agriculture chimique paraissent moins chers, mais au final, à travers vos impôts (et la TVA pour ceux qui ne pensent pas payer d'impôts), vous payez le surcoût.

Enfin, même si les produits Bio paraissent plus chers, il est essentiel de se poser une simple question : est-ce que ce n’est pas le prix à payer pour être en meilleure santé ? Selon l’Institut National du Cancer : " De fortes suspicions existent sur le rôle des pesticides dans le développement de pathologies chroniques (cancers, troubles neurologiques, troubles de la reproduction)". Et nous avons à nouveau un exemple issu du film « Nos Enfants Nous Accuseront », où le maire de Barjac présente le cas du sang contamié. Pour résumer l'affaire, sur Wikipédia, on peut lire : "L'utilisation par les hémophiles de produits sanguins chauffés, débarrassés du virus du sida, paraissait indispensable dès le printemps 1985. Malgré cela, les stocks de produits non chauffés, d'une valeur de trente-quatre millions de francs, ont été laissés en circulation et remboursés jusqu'au 1er octobre 1985". Le sang a été transfusé à des milliers d’individus. Ces milliers de personnes ont payé le prix fort car il restait des stocks de produits non chauffés à écouler et le chauffage revenait trop cher. Certaines de ces personnes ont donc été contaminées et sont mortes. Ceci montre bien que, parfois, le prix à payer pour notre santé peut paraitre élevé sur le court terme, mais bien souvent, ça vaut le coût sur le long terme.

Le Bio oui, mais ça ne pourra pas nourrir tout le monde, surtout quand nous serons 9 milliards en 2050

Cette idée, dont se servent les partisans de l’agriculture conventionnelle, repose sur plusieurs problèmes actuels :

Le premier défi est donc de changer notre façon de consommer et notre rapport à l’alimentation, Bio ou conventionnelle, faute de quoi, il y aura toujours des affamés et des gavés complètement malades et bourrés de médicaments.

Ensuite, les alternatives naturelles à l’agriculture conventionnelle permettent, par exemple, de redonner l’accès à l’alimentation à des paysans qui n’ont pas les moyens de traiter leurs champs avec des pesticides. Donc le Bio permet de nourrir et de redonner une place dans la société à ces personnes là. Selon la FAO, l’Agence de Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, l’agriculture biologique permet de répondre au défi de la sécurité alimentaire. “La principale caractéristique de l’agriculture biologique est qu’elle s’appuie sur des biens de production disponibles sur place et n’utilise pas de carburants fossiles; le recours à des procédés naturels améliore aussi bien le rapport efficience-coût que la résilience des écosystèmes agricoles au stress climatique”. Le rapporteur spécial des Nations Unies pour le droit à l’alimentation a même souligné en 2011 que "l’agroécologie permet de répondre aux défis alimentaires, climatiques et de pauvreté dans le monde". L’agroécologie est une version encore plus élaborée de l’agriculture que le Bio.

David Pimentel et ses collègues ont réalisé une étude qui a comparé pendant 22 ans l’agriculture "conventionnelle" et l'agriculture biologique. Voici une partie des conclusions de cette étude: "Selon l’espèce, le sol et les conditions climatiques, les rendements par hectare des cultures Bio peuvent être équivalents à ceux de l’agriculture conventionnelle". Marc Dufumier, agronome français, tire les même conclusions dans son livre "Malbouffe au Nord, famine au Sud". Le Bio peut être une agriculture efficace, et avec de la Recherche en agronomie, nous pouvons en faire une agriculture pour tous.

Voici un dernier article, pour ceux qui ne sont toujours pas convaincus, par ce même Marc Dufumier.

Le Bio oui, mais c’est juste du marketing

Il est vrai que, face à l’engouement des consommateurs pour une alimentation plus saine, le marketing s’est emparé du Bio. De nombreuses entreprises et distributeurs se mettent maintenant à faire du Bio, pour éviter la fuite de la clientèle et surtout, l’ouverture d’esprit sur un autre mode de consommation.

La nuance importante ici est que "Bio" ne veut pas dire respect des conditions de travail ou éthique de la part du producteur, ni même meilleur goût des légumes ! Le Bio est une alternative aux produits chimiques de synthèse et aux OGM. Donc pas la peine de jeter des pierres au Bio si un commerçant traite mal ses salariés ou si la carotte Bio n’a pas un meilleur goût que la carotte conventionnelle ! Si vous achetez des produits issus de l’agriculture Bio simplement car vous pensez que c’est une alternative à l’agriculture conventionnelle, n’importe quel produit Bio fera l’affaire. Par contre, si vous voulez également que le paysan joue à nouveau un rôle central dans la chaîne d’approvisionnement alimentaire ou qu’il travaille dans des conditions décentes, ou encore que vous êtes contre le marketing, nous vous conseillons alors de passer par des circuits-courts ou le commerce équitable. Vous pouvez par exemple visiter la ferme qui vous approvisionne, ou discuter directement avec le producteur. Si vous voulez des aliments qui ont du goût, privilégiez les produits de saison, frais, mais aussi les légumes "oubliés" qui sont non conformes aux conditions requises par les supermarchés. Vous trouverez plus d'idées sur notre blog.

Bon et puis, il faut se rendre à l’évidence. Que préconise le Bio ? Un agriculture sans pesticides ni OGM. Nos ancêtres ont vécu pendant des milliers d’années sur Terre sans avoir recours aux produits de la pétrochimie et à l’agriculture de masse. Les connaissances acquises au cours des dernières décennies sont suffisantes pour faire en sorte que l’agriculture Bio soit saine et durable. Au lieu de remettre en cause le Bio quand un produit est contaminé, pourquoi ne pas évoquer les méthodes de contrôle de la sécurité sanitaire des aliments ? Les producteurs Bio ne sont pas contre les progrès techniques, et il existe de nombreuses technologies qui permettent de vérifier les contaminations des produits.

Enfin, soulignons le fait que l’agriculture conventionnelle repose sur l’utilisation massive des produits de la pétrochimie : pesticides, pétrole pour faire tourner les tracteurs, etc. Pourtant, et d’après les experts eux même, nous avons franchi le pic pétrolier. Les ressources s’amenuisent, et d’ici 30 ans, le pétrole sera devenu rare. Il est temps de trouver des alternatives fiables, saines, durables. C’est une urgence et une réalité ! Le Bio propose une alternative naturelle, qui a fonctionné pendant des milliers d’années et qui ne repose pas sur l’exploitation de notre planète. Evidemment, c’est à nuancer si le consommateur achète des produits Bio en provenance de Chine ou d’autres contrées lointaines… C’est là que le local entre à nouveau en jeu….

Le Bio oui, mais je n’y crois pas…

Finalement, tout ce qui est Bio n’est pas tout rose, mais tout ce qui n’est pas Bio est encore moins bon ! Pour ceux qui ne sont toujours pas convaincus de la nécessité d’une alternative naturelle et durable, n’hésitez pas à nous poser vos questions et partager votre opinion.

A lire, pour aller plus loin sur la question économique pour la France du Bio et de l'agroécologie, un article du Monde : "l’Agroécologie est-elle l’avenir de l’agriculture française ? ".

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Le Bio oui, mêêê...

Dossier sur le Bio de 60 millions de consommateurs

Commenter cet article

visit here 20/01/2014 12:09

I am glad for the sharing and update about the article titled Bio yes, Bââât and this is one of the best read and sharing so far. Your sharing has helped me to understand and learn about the cattle farming and rearing better. I will visit again.

Jonathan et Mélissa Mialon 03/06/2013 15:12

Merci Nina pour le message très touchant. Ça nous fait plaisir d'avoir des retours, qu'ils soient positifs ou négatifs d'ailleurs. On a fait ce blog pour essayer de montrer aux gens qu'il est possible de vivre sainement tout en étant heureux, on est contents que tu sois réceptive.
Il ne faut pas se forcer à faire du 100% bio ou du 100% éthique ou autre. Le tout est de prendre conscience que manger est un acte qu'on fait trois fois par jour et qui a de profondes conséquences sur notre santé physique et mentale, mais aussi sur tout ce qui nous entoure. L'important est de faire ce qui nous semble le mieux, sans se priver.
Une technique, peut être, est de te visualiser ce que tu manges, par exemple un bonbon, c'est du sucre. Un petit gâteau que tu as fait toi même, c'est tout autre chose, tu es passée de la farine + oeufs, etc, à un beau gâteau. Tu sais tout ce que tu as mis dedans et il nous semble que, de façon naturelle, tu vas préférer de plus en plus les choses que tu connais et oublier les bonbons. Ça ne vient pas du jour au lendemain. Si tu manges quelque chose qui "dévie" un peu, l'important est d'en prendre conscience et de savourer le plaisir de le faire, sans regret.
Au début, tout ce qu'on explique sur le blog semble être une montagne, mais comme une rando de plusieurs jours, le plus simple est de couper le chemin en plusieurs étapes. Une fois les étapes franchies, on se rapproche de la destination finale avec de plus en plus de forces et de moins en moins de difficultés :) Il n'y a pas de vitesse ni de but unique, tout dépend de ce que tu cherches. Et une rando à plusieurs est évidemment plus sympa!
Aujourd'hui, c'est un peu étrange, mais manger sainement nous procure plus de plaisir que n'importe quel produit transformé. Bon mais nous sommes flexibles, nous faisons simplement des choix en connaissance de cause.
Oui, ça demande du temps, tu as raison. Notre mode de vie a beaucoup changé, car faire à manger est devenu un vrai loisirs, et de notre point de vue, on s'amuse beaucoup plus en faisant des petits plats plutôt qu'en allant au ciné. Au début, ce n'était pas du tout comme ça, puisque manger est un peu une corvée. Ensuite, on s'est mis à cuisiner pour 2 repas en même temps, comme ça on économisait du temps. Mais maintenant, on prend autant de temps que possible pour faire ces petites choses, surtout que ça nous permet de passer un moment convivial, de discuter, d'apprendre plein de choses, de faire des expériences en cuisine!

Nina 03/06/2013 12:37

Rien à redire, vous êtes convaincants, et vous avez la force de montrer l'exemple! Je suis d'accord avec tout ça, j'ai juste du mal à laisser tomber certains trucs comme les bonbons, la glace... Et il faut beaucoup de temps pour préparer tous ses repas soi-même, vous faites comment vous ?