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Publié par M

Comme nous l’avons vu dans notre article précédent sur le sucre, il est présent dans une grande partie de nos produits alimentaires transformés,  sous différentes dénominations. Il est donc très difficile de contrôler sa consommation de sucre pour éviter par exemple une prise de poids, comme recommandé par le Programme National Nutrition Santé (PNNS) ou pour des raisons médicales, par exemple pour contrôler son diabète.

Attention, pour rappel, il n’existe pas que le sucre en poudre, mais toute une panoplie de sucres, qu’on retrouve sous le nom scientifique de « glucides ». Nous soulignons le fait que les glucides sont la principale source d’énergie pour notre organisme et qu’il est très important d’en manger. Mais, comme recommandé par le PNNS, il faut en manger sous forme de féculents et limiter les produits sucrés.

Pourquoi les industriels ajoutent-ils tant de sucre dans nos aliments ?

  • La première raison est toute simple : pour améliorer le goût des produits. Le sucre permet de conserver certains aliments, par exemple la confiture. Mais le sucre a également un très bon goût, il procure du plaisir. Par conséquent, si l’industrie ajoute du sucre dans ses produits, ils ont un meilleur goût, sans avoir besoin d’améliorer la qualité et le goût de base des ingrédients. Par exemple, pour faire une bonne sauce tomate, soit on fait une recette maison avec des tomates bien mûres et juteuses, soit on fait une recette avec des tomates de qualité passable auxquelles on ajoute du sucre.
  • La deuxième raison qui pousse les industriels à ajouter du sucre dans nos aliments, c’est que le sucre est addictif. Il vous est peut être déjà arrivé de vous dire « je sais que je ne devrais pas mais j’ai vraiment envie de ce gâteau » et de finir par le manger. Des études scientifiques ont montré que le sucre était tout aussi addictif, voir plus, que des substances comme la nicotine ou la cocaïne (par ici, est par la). Un des articles cité explique que nos récepteurs au goût sucré se sont développés dans notre bouche à une période où le sucre était rare. Or, aujourd’hui, le sucre est omniprésent dans notre alimentation. Cet excès de stimulation de nos récepteurs au sucre conduit à un effet d’addiction, qui provoque une augmentation de la consommation… On se retrouve dans le même état qu’avec les autres substances addictives : plus on en consomme, plus on en veut.

Mais pourquoi les produits sucrés sont-ils si bons, s’il faut en limiter notre consommation ? 

L’Homme a passé la très grande majorité de son Histoire en condition de restriction, de rareté des ressources alimentaires et de risque de famine. Par conséquent, les personnes qui étaient naturellement attirées par le goût sucré ou le gras avaient plus de chances de trouver des calories et d’avoir de l’énergie. Ces personnes avaient donc plus de chance de survivre : c’est la sélection naturelle. Par conséquent, la préférence pour le goût sucré et le gras s’est transmise tout au long de l’Histoire de l’Homme, car cela nous a permis de trouver quelques calories supplémentaires au cours de périodes de famine. Ceux qui n’avaient pas cette attirance ont eu moins de chances de survie.

Aujourd’hui, cette préférence a persisté mais les calories ne sont plus rares, bien au contraire : nous préférons les produits sucrés, qui sont maintenant disponibles en permanence. Par conséquent, nous consommons souvent trop de sucres, donc trop d’énergie, que nous stockons dans le cas d’un éventuel manque futur, comme notre corps a si bien appris à le faire. Cependant, le manque ne vient jamais et nous stockons continuellement au point d’en devenir malades (diabète, maladie cardiovasculaire, cancer…). 

Les industriels de l’agroalimentaires ajoutent du sucre dans notre alimentation pour s’assurer que nous allons aimer le produit la première fois que nous le goûtons (meilleur goût peu importe la qualité). Cela leur assure que nous allons en racheter de plus en plus. Cependant, le vrai problème soulevé ici est que cela entraîne des conséquences au niveau de la santé de notre société dans son ensemble.  

Les conséquences pour la santé des consommateurs

A cause de ces pratiques, de plus en plus de personne développent des maladies non transmissibles telles que le diabète, les cancers, les maladies cardiovasculaires… Il est donc navrant de voir que l’appât du gain l’emporte, encore une fois, sur la santé des consommateurs. Surtout quand on sait que les industries font cela de façon délibérée, car elles savent que le sucre est addictif et qu’il leur permettra de vendre plus.

Bon nombre de scientifiques sont recrutés par les plus grandes industries agroalimentaires afin de comprendre et de mieux pouvoir utiliser ces phénomènes de plaisir/addiction liés à notre alimentation. Il n’y a qu’à voir les études scientifiques que les industries agroalimentaires conduisent, pour se rendre compte qu’elles sont à la pointe de la recherche et qu’elles savent très bien ce qu’elles font. Ces recherches ne sont pas rendues publiques, puisqu’elles sont la propriété des industriels. Et si du sucre, qui est addictif, se retrouve en masse dans notre alimentation ce n’est pas un hasard. Par exemple, voici un sujet de doctorat qui nous a été proposé à la sortie de notre école d’ingénieur agroalimentaire, et qui permet de se faire une idée des recherches scientifiques du moment : « Construction et évaluation du jugement affectif des aliments : entre goût, plaisir & émotion ». Ce sujet est proposé par l’entreprise Danone et l’institut Paul Bocuse, le fameux chef restaurateur, et est dirigé par une chercheuse en neuroscience  (la science du cerveau)… Ce sujet scientifique peut être interprété de différentes façons. A notre avis, au-delà des besoins exprimés par le consommateur et à la vue des acteurs impliqués dans la thèse, en particulier Danone, il y a fort à parier que les résultats permettront d’augmenter les ventes de certains produits.

La consommation de sucre va donc bien au-delà du choix personnel. Nous sommes constamment sollicités pour consommer des produits qui nous rendrons dépendants (nous préparons un article sur ce sujet). Puisque des données scientifiques sont disponibles pour démontrer notre addiction au sucre, le gouvernement devrait contrôler ce que font les industriels, pour la santé de tous. Il devrait également y avoir une morale et un minimum d’éthique dans la production des aliments (on a bien le droit de rêver…).

Nous détaillons ici les pratiques des industriels en ce qui concerne le sucre, mais c’est la même chose pour le sel ou pour le gras.

Le problème est bien plus complexe...

Par exemple, le sel est ajouté en tant que conservateur, mais également pour améliorer le goût, comme vous le faites en cuisine. Comme en témoigne un industriel des chips, dans cet excellent article, si aujourd’hui les industriels arrivent à baisser le taux de sel dans leurs produits, c’est parce que la clientèle a évolué, et non pas pour la santé. En effet, la génération du baby-boom, qui représente la plus grosse partie des consommateurs, a vieilli. Et cette génération est au courant que le sel en excès est mauvais pour la santé, comme recommandé par les médecins. Vendre un produit avec moins de sel permet donc de lever la culpabilité des consommateurs, et ainsi, de leur faire acheter à nouveau ! Ce n’est donc pas par bonne conscience que les industriels ont baissé le sel, mais par stratégie économique, pour garder leurs clients ! Et par la même occasion, ils peuvent maintenant cibler les plus jeunes avec leurs produits « plus sains », et ainsi conquérir la crédibilité auprès des acteurs de santé publique. Navrant !

 

Finalement, pour contrôler notre consommation de sucre, gras ou sel, mieux vaut un apport naturellement présent dans nos aliments. En l’état actuel des choses, l’idéal est donc d’éviter les produits transformés, les supermarchés (temples de la consommation) et de cuisiner soit même.

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Attention, pour rappel, il n’existe pas que le sucre en poudre, mais toute une panoplie de sucres, qu’on retrouve sous le nom de « glucides ». Nous soulignons le fait que les glucides sont la principale source d’énergie pour notre organisme et qu’il est très important d’en manger. Mais, comme recommandé par le PNNS, il faut en manger sous forme de féculents et limiter les produits sucrés.

Pourquoi les industriels ajoutent-ils tant de sucre dans nos aliments ?

La première raison est toute simple : pour améliorer le goût des produits fades.

Le sucre permet de conserver certains aliments, par exemple la confiture. Mais le sucre a également un très bon goût, il procure du plaisir. Par conséquent, si l’industrie ajoute du sucre dans ses produits, ils ont un meilleur goût, sans besoin d’améliorer la qualité et le goût de base des ingrédients. Par exemple, pour faire une bonne sauce tomate, soit on fait une recette maison avec des tomates bien mûres et juteuses, soit on fait une recette avec des tomates de qualité passable auxquelles on ajoute du sucre.

Mais pourquoi les produits sucrés sont-ils si bons, s’il faut en limiter notre consommation ? L’Homme a passé la très grande majorité de son Histoire en condition de restriction, de rareté des ressources alimentaires et de risque de famine. Par conséquent, les personnes qui étaient naturellement attirées par le goût sucré ou le gras avaient plus de chances de trouver des calories et d’avoir de l’énergie. Ces personnes avaient donc plus de chance de survivre : c’est la sélection naturelle. Par conséquent, la préférence pour le goût sucré et le gras s’est transmise tout au long de l’Histoire de l’Homme, car cela nous a permis de trouver quelques calories supplémentaires au cours de périodes de famine. Ceux qui n’avaient pas cette attirance ont eu moins de chances de survie.

Aujourd’hui, cette préférence a persisté mais les calories ne sont plus rares, bien au contraire : nous préférons les produits sucrés, qui sont maintenant disponibles en permanence. Par conséquent, nous consommons souvent trop de sucres, donc trop d’énergie, que nous stockons dans le cas d’un éventuel manque futur, comme notre corps a appris à si bien le faire. Cependant, le manque ne vient jamais et nous stockons continuellement au point d’en devenir malades (diabète, maladie cardiovasculaire, cancer…).

La deuxième raison qui pousse les industriels à ajouter du sucre dans nos aliments, c’est que le sucre est addictif. Il vous est peut être déjà arrivé de vous dire « je sais que je ne devrais pas mais j’ai vraiment envie de ce gâteau » et de finir par le manger. Des études scientifiques ont montré que le sucre était tout aussi addictif, voir plus, que des substances comme la nicotine ou la cocaïne (par ici, est par la). Un des articles cité explique que nos récepteurs au goût sucré se sont développés à une période où le sucre était rare. Nous avons des récepteurs au sucre dans la bouche. Or, aujourd’hui, le sucre est omniprésent dans notre alimentation. Cet excès de stimulation de nos récepteurs au sucre conduit à un effet d’addiction, qui provoque une augmentation de la consommation… On se retrouve dans le même état qu’avec les autres substances addictives : plus on en consomme, plus on en veut.

Les industriels de l’agroalimentaires ajoutent du sucre dans notre alimentation pour s’assurer que nous allons aimer le produit la première fois que nous le goûtons (meilleur goût peu importe la qualité). Cela leur assure que nous allons en racheter de plus en plus. Cependant, le vrai problème soulevé ici est que cela entraîne des conséquences au niveau de notre société dans son ensemble.  

A cause de ces pratiques,  de plus en plus de personne développent des maladies non transmissibles telles que le diabète, les cancers, les maladies cardiovasculaires… Il est donc navrant de voir que l’appât du gain l’emporte, encore une fois, sur la santé des consommateurs, surtout quand on sait que les industries font cela de façon délibérée, car elles savent que le sucre est addictif et qu’il leur permettra de vendre plus.

Bon nombre de scientifiques sont recrutés par les plus grandes industries agroalimentaires afin de comprendre et de mieux pouvoir utiliser ces phénomènes de plaisir /addiction liés à notre alimentation. Il n’y a qu’à voir les études scientifiques que les industries agroalimentaires conduisent, pour se rendre compte qu’elles sont à la pointe de la recherche et qu’elles savent très bien ce qu’elles font. Ces recherches ne sont pas rendues publiques, puisqu’elles sont la propriété des industriels. Et si du sucre, qui est addictif, se retrouve en masse dans notre alimentation ce n’est pas un hasard. Par exemple, voici un sujet de doctorat qui nous a été proposé à la sortie de notre école d’ingénieur agroalimentaire, et qui permet de se faire une idée des recherches scientifiques du moment : « Construction et évaluation du jugement affectif des aliments : entre goût, plaisir & émotion ». Ce sujet est proposé par l’entreprise Danone et l’institut Paul Bocuse, le fameux chef restaurateur, et est dirigé par une chercheuse en neuroscience  (la science du cerveau)… Ce sujet scientifique peut être interprété de différentes façons. A notre avis, au-delà des besoins exprimés par le consommateur et à la vue des acteurs impliqués dans la thèse, en particulier Danone, il y a fort à parier que les résultats permettront d’augmenter les ventes de certains produits.

La consommation de sucre va donc bien au-delà du choix personnel. Nous sommes constamment sollicités pour consommer des produits qui nous rendrons dépendants (nous préparons un article sur ce sujet). Puisque des données scientifiques sont disponibles pour démontrer notre addiction au sucre, le gouvernement devrait contrôler ce que font les industriels, pour la santé de tous. Il devrait également y avoir une morale et un minimum d’éthique dans la production des aliments (on a bien le droit de rêver…).

Nous détaillons ici les pratiques des industriels en ce qui concerne le sucre, mais c’est la même chose pour le sel ou pour le gras.

Par exemple, le sel est ajouté en tant que conservateur, mais également pour améliorer le goût, comme vous le faites en cuisine. Comme en témoigne un industriel des chips, dans cet excellent article, si aujourd’hui les industriels arrivent à baisser le taux de sel dans leurs produits, c’est parce que la clientèle a évolué, et non pas pour la santé. En effet, la génération du baby-boom, qui représente la plus grosse partie des consommateurs, a vieilli. Et cette génération est au courant que le sel en excès est mauvais pour la santé, comme recommandé par les médecins. Vendre un produit avec moins de sel permet donc de lever la culpabilité des consommateurs, et ainsi, de leur faire acheter à nouveau ! Ce n’est donc pas par bonne conscience que les industriels ont baissé le sel, mais par stratégie économique, pour garder leurs clients ! Et par la même occasion, ils peuvent maintenant cibler les plus jeunes avec leurs produits « plus sains », et ainsi conquérir la crédibilité auprès des acteurs de santé publique. Navrant !

Finalement, pour contrôler notre consommation de sucre, gras ou seul, mieux vaut un apport naturellement présent dans nos aliments. En l’état actuel des choses, l’idéal est donc d’éviter les produits transformés, les supermarchés (temples de la consommation) et de cuisiner soit même.

Pour les anglophones, un très bon article à lire :

http://www.nytimes.com/2013/02/24/magazine/the-extraordinary-science-of-junk-food.html?pagewanted=all

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