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Publié par M

De tous les temps, l’Homme a transformé son environnement. Nous adaptons les choses autour de nous pour rendre notre vie plus simple. Cependant, on peut parfois se demander si ces transformations valent vraiment le coup. Focalisons-nous ici sur les aliments transformés industriellement et voyons trois conséquences de cette hypertransformation.

On nous vend des calories vides

Nous avons déjà abordé ce problème dans d’autres articles sur notre blog. L’Homme cherche les calories. Dans notre passé, nos ancêtres étaient seuls face à la nature. Ils devaient survivre plutôt que de vivre. Or, le fuel du corps humain, c’est l’énergie que l'on absorbe lorsqu’on mange. Sans cette énergie, impossible de faire fonctionner notre corps. Les aliments les plus riches en énergie sont ceux qui sont les plus gras et les plus sucrés. C’est pour cela que nous sommes attirés par le gras et le sucre. C'est un mécanisme développé au cours de l'évolution pour nous aider à trouver des aliments qui contienne contiennent assez d'énergie pour survivre.

Mais nous n’avons pas seulement besoin de cette énergie de base. Il nous faut également des vitamines et des minéraux pour vivre correctement. C’est là que la nature est bien faite : dans chaque fruit, chaque légume, dans la viande et dans le poisson, le gras et le sucre sont toujours accompagnés de vitamines et de minéraux. Quand on mange des produits naturels de façon diversifiée, notre corps est satisfait à tous les niveaux : assez d'énergie ET assez de vitamines et mineraux.

Le problème se complique avec l’industrialisation de notre alimentation.

A la base, la transformation des produits à grande échelle est la suite logique de plusieurs idées brillantes. Nous pensons par exemple à Nicolas Appert qui a inventé le concept des boîtes de conserves, pour pouvoir fournir de la nourriture aux soldats aussi longtemps que la guerre durait. Ou bien les céréales du petit déjeuner, qui à la base, avaient pour but d’inciter les gens à manger des céréales plutôt que du bacon et des œufs pour démarrer la journée.

Ces idées se sont développées à grande échelle. Nous consommons aujourd’hui ces produits transformés dans des endroits et des conditions où on pourrait pourtant manger des produits frais sans problème. Les gens ont moins de temps à consacrer à la cuisine, ou font le choix en tout cas d’y consacrer moins de temps. Bref, aujourd’hui, dans les pays « développés », l’industrie fait la cuisine dans nos maisons.

La transformation à l’échelle industrielle des aliments entraîne cependant des pertes nutritionnelles. Lors du chauffage, par exemple, les vitamines et les minéraux sont détruits ou dégradés. Ils disparaissent non seulement avec les transformations dans les usines, mais aussi dans les recettes. Pour des raisons économiques et pratiques, il est moins cher pour un industriel d’utiliser du sucre, du gras et de l’arôme « naturel » (ou non), plutôt que d’acheter un vrai fruit, par exemple. Au mieux, on rajoutera par ci par là des vitamines et des minéraux dans la recette. Un autre exemple de perte nutritionnelle est le raffinage. On peut prendre l'exemple du sel ou du blé comme nous l’avons présenté dans un autre article. Lors de cette étape de transformation les aliments perdent une partie de leurs nutriments intéressants (vitamines et mineraux, fibres) pour ne garder que les nutriments énergétiques.

On se retrouve donc avec des industriels à qui on remet le soin de créer nos aliments. Ils sont censés nous satisfaire. Comme nous l’avons expliqué ailleurs, les industriels ont bien remarqué que le gras et le sucre nous attirent. Il est donc évident et justifié que les produits transformés en soient bourrés.

Nos aliments transformés industriellement sont donc de vraies calories vides, dans le sens où, oui, on est rassasié car ils contiennent beaucoup de sucre et de gras. Mais nous avons des carences en certaines vitamines et minéraux car ils sont très peu présents dans ces aliments. La conséquence de celà est qu'il est de plus en plus fréquent de rencontrer des personnes en surpoids mais avec des déficiences en vitamines et mineraux.

Finalement, outre le fait de nous faire payer le prix fort pour des ingrédients très peu coûteux (sucre, huile…), ces manipulations ont des conséquences importantes pour notre santé. En effet, lorsque nous consommons des produits avec des calories vides (riches en calorie mais pauvres en vitamines et minéraux) notre corps n’est pas totalement rassasié. Ceci est du au fait que nous avons besoin des deux pour vivre : de l’énergie (calories) et des vitamines et minéraux. Notre corps, bien qu’ayant consommé assez de calories, nous pousse à consommer d’avantage pour trouver les vitamines et minéraux indispensable à son fonctionnement. On se retrouve donc à manger trop et à accumuler cet excès d’énergie sous forme de graisse : on grossit.

On nous vend des calories invisibles

Pour ce qui est des boissons gazeuses en particulier, non seulement les calories sont vides, mais en plus, notre corps ne les reconnait même pas. Quand on boit du soda, la forme liquide fait que notre cerveau ne se rend pas compte qu’il ingère les calories. On boit, le côté sucré nous attire mais les calories liquides ne sont pas reconnues car la digestion est trop rapide. Alors on en reprend. On boit car on aime le goût, mais les mécanismes qui doivent nous dire de nous arrêter ne fonctionnent pas correctement. Et on grossit…

C’est encore plus grave avec les produits Zero ou Light, puisque là, il n’y a absolument rien, ni calories ni vitamines ni minéraux. Juste le goût sucré, qui nous rend accro. D’ailleurs, des études scientifiques ont démontrées que les personnes qui consomment des produits allégés ont tendance à manger plus.

Mise a jour Janvier 2014: une nouvelle etude americaine vient de montrer, a nouveau, que les consommateurs de boissons Light ont un IMC (Indice de Masse Corporelle) plus important que le reste de la population et qu'ils consomment plus de calories. Cela s'explique notamment par le fait que le sucre des boissons gazeuses est remplace par une importante quantite d'edulcorants, qui activent les centres nerveux de plaisir lies a la consommation de sucre. Donc ces boissons sur-activent le systeme nerveux et les personnes ont tendance a chercher de plus en plus de sucre dans leur alimentation.

La transformation industrielle est contre nature

Il existe une expérience qui explique bien les conséquences que peuvent avoir les transformations à l’excès de notre alimentation. Cette expérience date de 2006 et a été réalisée par Richard Wrangham, un primatologue de l’université d’Harvard. Quatre présentations de morceaux de boeufs ont été proposées à des serpents : cru et entier, cru et haché, cuit et entier, cuit et haché.

Les pythons nourris à la viande cuite et hachée sont ceux qui ont le plus grossi. Tout cela est normal, puisque la viande cuite et hachée est déjà partiellement digérée en quelque sorte. La digestion nous fait dépenser au moins 10% de notre énergie quotidienne. Si on utilise moins d’énergie pour digérer, alors, l’énergie non dépensée est stockée. Et puis, on mange beaucoup plus rapidement si les aliments sont prédigérés. Notre corps n’a donc pas le temps de se rendre compte de tout ce qu’il absorbe : on peut continuer à manger au-delà de ce que nous avons besoin avant que le corps ne nous dise "stop".

La plupart des produits de l’agroalimentaire sont cuits, découpés, tout prêt à être consommés. Pas étonnant qu’ils fassent grossir.

Finalement

Se détourner de l’alimentation industrielle est plus facile à l'heure actuelle puisqu’on a maintenant des aliments frais à portée de main. Encore faut-il que les gens aient la volonté de prendre quelques minutes en plus pour acheter plusieurs ingrédients, réfléchir à des recettes et les cuisiner, et là, le choix repose entre les mains du consommateur. Quelle portion de sa santé est-on prêt à sacrifier pour avoir un repas prêt en 10 minutes chrono, chaque soir, en rentrant du boulot et avoir quelques minutes de loisir en plus ?

Les gouvernements ont également leur rôle à jouer, notamment en facilitant l’accès aux fruits et aux légumes, surtout pour les populations les plus défavorisées. À l'inverse, les produits qui représentent une menace pour la santé des gens, devraient être taxés pour limiter leur consommation. Il y a plein d’idées qui ont été creusées à travers le monde, mais pour le moment, la situation est telle que c’est le lobby de l’agroalimentaire qui l’emporte. Pourtant, ce sont nous, consommateurs, qui mettons nos aliments dans nos paniers de course et, finalement, dans nos bouches.

Certes, donner des aliments hypertransformés à son ado le satisfera sur le court terme, mais à long terme, c’est le diabète, le cholestérol et le cancer qui lui pointent au nez. 33% des cancers sont les conséquences de notre alimentation, 33% sont du à la cigarette. Contre les 2 tiers des cancers nous pouvons agir et c’est pourtant contre les 33% autres pourcents que les gens sont indignés (amiante, radiations, etc).

La santé, on la trouve dans l’assiette. Et puis, mieux vaut prévenir que guérir.

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3 raisons d'éviter les produits transfomés industriellement

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