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Publié par M

A travers nos articles, nous vous avons présenté plusieurs combines que l’industrie met en place pour que nous continuions à consommer ses produits transformés, alors qu’il y a de plus en plus de preuves de leurs risques pour la santé. Il y a d’abord les produits pas très sains, trop riches en gras, sucre ou sel ajoutés, reconnu depuis longtemps par l’Organisation Mondiale de la santé comme des causes de maladies. Cette alimentation industrialisée va même contre le droit des humains à avoir une bonne santé. L’industrie fait du matraquage avec ces produits dès le plus jeune âge pour s’assurer que nous soyons des clients fidèles à vie. Ils cherchent même à nous faire acheter sans que nous en ayons conscience, avec le neuromarketing. Sans parler de toutes les activités par lesquelles l’industrie agroalimentaire influence le gouvernement. Quand l’industrie a commencé à se sentir menacée, il y a ensuite eu le pseudo santé et la Responsabilité Sociétale des Entreprises.

Et bien, même si vous avez réussi à passer entre les mailles du filet, et avez réussi à retrouver une alimentation dont avez sûrement déjà mesuré les bénéfices sur votre santé, figurez-vous que l’industrie veut vous faire passer pour une personne malade mentale et exclue. Ça parait dingue, mais c’est vrai. Ça s’appelle même l’orthorexie. La définition d’une doctorante française, Camille Adamiec : « L’orthorexie se caractérise par une obsession ou une fixation sur la nourriture dite saine.» Donc vous avez compris, si pour vous le plaisir de manger des bons produits de terroir, de saison, de connaître le paysan ou de cuisiner des petits plats maison, plutôt que de réchauffer des plats tout prêts, vous êtes complètement foutus.

Faites le test pour savoir si vous êtes malades :

  1. "Passez-vous plus de trois heures par jour à penser à votre régime alimentaire ?
  2. Planifiez-vous vos repas plusieurs jours à l’avance ?
  3. La valeur nutritionnelle de votre repas est-elle à vos yeux plus importante que le plaisir de le déguster ?
  4. La qualité de votre vie s’est-elle dégradée, alors que la qualité de votre nourriture s’est du même temps améliorée ?
  5. Etes-vous récemment devenu plus exigeant avec vous-même ?
  6. Votre amour-propre est-il renforcé par votre volonté de manger sain ?
  7. Avez-vous renoncé à des aliments que vous aimiez au profit d’aliments “sains” ?
  8. Votre régime alimentaire gêne-t-il vos sorties, vous éloignant de votre famille et de vos amis ?
  9. Eprouvez-vous un sentiment de culpabilité dès que vous vous écartez de votre régime ?
  10. Vous sentez-vous en paix avec vous-même et pensez-vous bien vous contrôler lorsque vous manger sain ?

Deux à trois réponses positives : risque faible d’orthorexie.

Quatre réponses positives ou plus : risque plus élevé ; le trouble est déjà installé.

Si la personne répond positivement à l’ensemble du questionnaire, elle est perçue comme réellement en danger."

Bon, il y a certainement des gens qui sont vraiment malades et obsédés par rapport à la qualité de leur alimentation. Il y a des gourous qui racontent de belles bêtises. Mais l’orthorexie, c’est bien plus que ça, puisque ça toucherai 1 français sur 5 (12 millions)!

Le problème est que ces questions sont bien trop vagues et laissent penser que certains actes totalement normaux sont risqués. L’homme, depuis l’apparition de l’agriculture en particulier, planifie ses repas. Rien de fou là-dedans. C’est même d’ailleurs ce qui est recommandé par le Programme National Nutrition Santé (donc tous les médecins normalement) : aller faire ses courses avec une liste, plannifier ses repas pour la semaine, pour éviter les achats compulsifs une fois dans le magasin. Et si on vous propose deux gâteaux aux fraises, un bourré d’additifs mais très bon au goût, grâce au gras et au sucre ajoutés, et l’autre, fait maison, dont le goût sucré est certes moins prononcé mais le goût de fraises du jardin bien présent. Si vous optez pour la deuxième réponse, attention vous avez une tendance orthorexique. On voit clairement le biais industriel dans cette classification. Dans notre société, les gens opteront peut être pour le premier choix. Mais dans les sociétés où il existe encore une alimentation traditionnelle, les gens savent très bien qu’il faut limiter les produits trop gras ou sucrés, même s’ils sont très bons. Quand Mélissa voulait s’acheter des samoussas bien gras mais tellement bons au marché du coin, en Inde, nos amis indiens nous expliquaient qu’il ne fallait pas en abuser car c'était mauvais pour la santé. Pareil à l’Ile Maurice avec les desserts sucrés ou gras. Des nations entières d’orthorexiques ! Et nos parents ne nous laissaient pas non plus manger des bonbons à volonté, même si on adorait ça. Des orthorexiques, tant pis pour les caries !

Blagues à part, ce concept nous semble bizarre, surtout dans les proportions qu’il prend. Nous avons donc fait nos petites recherches pour comprendre qui peut bien soutenir une thèse pareille. Soit faire partie de la société de consommation, soit être malade mental. Et bien figurez-vous que le centre de recherche dont émane la doctorante spécialisée sur l’orthorexie est financé à 60% par l’industrie laitière (Ocha) ! Nous avions déjà présenté l’Ocha dans un autre article. C’est une des combines de l’industrie, ils ont des centres avec des noms pseudo scientifiques. Ocha = Observatoire Cniel des Habitudes alimentaires. Cniel (Centre National Interprofessionnel de l'Economie Laitière) = 1/3 des représentants provenant de la Fédération Nationale de l’Industrie Laitière (FNIL). FNIL = Bongrain, Lactalis, Danone, etc, autrement dit des entreprises qui ont de l’argent et qui ne veulent pas perdre de clients. Danone aussi a une page spécialement dédicacée à l’orthorexie sur son site (enfin sur le site de son « institut »), de même que Nestlé (ou plutôt sa « fondation »).

Quel est le problème?  Nous avions fait un article qui explique pourquoi le lait est pointé du doigt pour ses risques sur la santé. C’est donc naturellement un des produits, avec la viande peut être, dont la consommation est réduite chez les personnes qui veillent à bien manger. Et c’est peut être aussi pour ça que le concept d’orthorexie est repris par l’Ocha et Danone…. Il y a un clair conflit d'intérêt ici.

Bon et puis l’orthorexie est un terme qui a été inventé à la fin des années 1990 par un thérapeute, Bratman (celui qui a devellopé le test), pour décrire le problème des personnes qui venaient le voir car elles étaient obsédées par les régimes amaigrissants, et au final cela leur dévorait la vie. Mais il dit lui-même que ce problème ne concerne qu’une toute petite partie des gens (pas 1 personne sur 5), et que l’addiction à l’alimentation industrielle est certainement bien plus grave que l’addiction aux produits sains. On est sauvés, le test s’applique donc plutôt aux personnes obsédées par les régimes (mais ça, l’industrie ne le dit pas) !

Finalement, avec l’orthorexie, il y a deux choix. Soit manger des produits industriels dont on ne connait pas forcément la contenance et la provenance (on se souvient par exemple du scandale de la viande de cheval), et qui ne sont pas forcément bons pour la santé. Ou bien, manger des produits sains, locaux, de saison, cuisiner ses petits plats, mais être considéré par l’industrie comme malade mental. A vous le choix !

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