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Publié par M

L’Homme a aujourd’hui le choix, principalement, entre deux futurs. Celui où les machines et technologies permettent de se libérer des contraintes qu’avaient connus les humains pendant des milliers d’années, où tout peut être créé artificiellement pour une indépendance totale des forces naturelles, un futur où l’Homme maitrise ce qui l’entoure. Ou bien un futur où l’Homme vit en harmonie avec la nature, essaye de s’adapter à elle plutôt que de lutter, et apprend à prévoir et vivre avec les aléas naturels.

Non, il ne s’agit pas des premières lignes d’un roman de science-fiction. C’est plutôt les deux avenirs qui se dessinent devant nous, en tant que communauté humaine. Les deux futurs ne sont pas compatibles. Bien que tout ne soit pas noir et blanc, il nous semble essentiel de nous interroger aujourd’hui sur ce que nous voulons pour notre avenir. Bien entendu celui de nos enfants, mais également des générations à venir. Nous apportons ici un éclairage sur le mode d’alimentation en particulier, avec des exemples qui existent déjà à l’heure actuelle.

Les sciences et technologies comme modèle

Dans ce modèle du futur, les technologies dominent nos vies. Dans un sens, ce modèle a commencé à prendre son essor il y a plusieurs milliers d’années avec, par exemple, l’invention de la roue. Mais les deux modèles présentés ici ne vont pas en contradiction concernant ce genre d’invention.  Là où le modèle « sciences et technologies » est différent, c’est que tout est basé sur les machines.

Pour l’agriculture par exemple, le modèle se base sur les OGM (Organismes Génétiquement Modifiés), qui permettent d’avoir des espèces de plantes qui poussent partout, par tous les temps, puisque cette technologie est, pour le moment du moins, adaptables à tous les climats. Les pesticides aident à contrôler les mauvaises herbes, et des brevets sont déposés pour les plantes, OGM en particulier, car elles sont améliorées grâce à des entreprises qui emploient des scientifiques très expérimentés.

Les gens ont le choix entre des millions de produits différents qui leurs permettent d’obtenir les apports nécessaires en vitamines, minéraux, sucres, calories, etc. La compétition est donc très rude entre entreprises et elles développent des techniques de marketing très poussées. Ces nouveaux produits sont ce qu’on appelle les alicaments, ils sont adaptés à chaque étape de la vie (on appellera la « dénutrition » l’alimentation adaptée aux personnes âgées pour ne pas les stigmatiser), à chaque maladie, à chaque population, aux différents goûts, à chaque personne. Le prix de ces aliments est assez élevé car ils sont eux aussi développés par des équipes d’ingénieurs et scientifiques employés par les entreprises agroalimentaires. Ceux qui ont moins de moyens ont quand même le choix entre des milliers de produits à prix beaucoup moins élevé , où chacun peut trouver, pour chaque gamme de produit, celui qui lui convient parfaitement, en termes de goût, texture, odeur, etc (mais pas en terme de nutrition et santé). La viande, qui ne peut pas être produite en quantité suffisante, est également proposée sous forme industrielle, à partir de cellules mises en culture. Les sols s’épuisent à cause de l’utilisation intense de pesticides, mais le système propose une agriculture en bâtiments intérieurs où tout est contrôlé et où il n’y a pas besoin de terre.

Les machines permettent de se libérer des tâches ménagères et les gens peuvent avoir beaucoup de loisirs. Partout, on propose des salles de sport et des coaches de fitness, en particulier pour les personnes qui travaillent dans des bureaux et qui, grâce aux machines, ont peu d’activité physique dans leurs tâches quotidiennes.  La chirurgie permet de modifier son apparence plus rapidement, et les anneaux gastriques et autres interventions font fureur pour réduire l’obésité en quelques semaines. Tout le monde ne peut pas y avoir recours, pour cause financière principalement, mais des régimes amaigrissants sont aussi proposés.

Ce système se base sur une main d’œuvre industrielle bon marché, une agriculture intensive et des ingrédients peu chers, tels que le gras et le sucre, en particulier pour les aliments à bas coût. Ainsi, les gens qui doivent, pour une raison ou pour une autre, se limiter aux produits de bas de gamme, développent de l’obésité, du diabète et d’autres maladies non transmissibles. Le manque d’activité physique chez toute la population entraîne également ce genre de problèmes. Les subventions permettent aux agriculteurs de ne pas être en concurrence avec les agriculteurs des pays où la main d’œuvre paysanne est bon marché. Dans ce système, tout a une valeur monétaire puisque ce sont des scientifiques qui développent la plupart des choses. Ainsi, pour vivre pleinement ce système, il faut pouvoir payer ces technologies.

L’éthique, la santé et la nature comme modèle

Ce modèle se base sur l’harmonie avec la nature. Par exemple, quand l’agriculteur a des problèmes sur ses champs, il essaye d’en comprendre la raison, il traite avec des méthodes ancestrales efficaces, et se protège pour les années suivantes en améliorant ces techniques au contexte dans lequel il évolue. Grâce aux échanges de connaissances à travers le monde, les méthodes deviennent plus précises et efficaces.

Les gens s’approvisionnent dans des commerces de proximité, ils connaissent les producteurs, qu’ils respectent et paye décemment, même s’il produit plus cher que dans certains pays voisins ou lointains. Mais il fait vivre la communauté. Les aliments sont frais, de saison, cuisinés à la maison, et bio pour la plupart, de façon à ne pas affaiblir la terre. La population est consciente que la nature n’est pas illimitée et ils consomment donc avec modération et privilégient les produits biodégradables. Dans ce système, quand on parle de nourriture bonne au goût, on parle plutôt de la fraîcheur, des arômes, par exemple, une sauce tomate avec des fruits bien juteux est préférée à  une sauce tomate sucrée comme proposée dans le modèle précédent.  La viande est consommée avec parcimonie, et on préfère les animaux sauvages pour leur goût et leur qualité.  Il y a ici moins de choix, puisque les saisons et les cycles de la nature sont respectés, mais les gens apprécient de retrouver, chaque année, des fruits ou des légumes qu’ils ont attendus et cela leur permet de varier les plats souvent.

Les gens passent du temps à jardiner, à s’instruire et transmettre des connaissances sur l’agriculture, à s’occuper de leurs maisons, à cuisiner puis manger en famille. Ils ont moins de temps pour les loisirs, ce qui dans un sens, leur économise de l’argent (certains décident donc de travailler moins). A la maison aussi, les sciences ont permis d’améliorer certaines techniques et de vivre dans le confort.

Les personnes malades sont soignées grâce à la médecine naturelle et aux plantes en priorité, sans exclure les progrès de la science.

Bilan

Aujourd’hui, nous avons les deux scénarios qui se jouent, et qui tentent de dessiner à leur façon l’avenir. Le choix, reste personnel, et dépend également de la place que nous occupons chacun dans ces modèles. Même si ce n’est pas tout à fait généralisable, le premier scénario est défendu par les multinationales en particulier, et certains scientifiques. Certains gouvernements sont pour l’instant plus en faveur de ce modèle, comme les Etats Unis ou en Europe. Le second modèle est défendu par beaucoup d’associations de consommateurs, par certains scientifiques qui ont une vision différente de leurs collègues. Plusieurs pays d’Amérique du Sud défendent aujourd’hui ce modèle.

Bien qu’il soit possible de conjuguer les deux modèles, en mixant les idées de chacun, de notre point de vue, ils sont incompatibles. A vous de juger !

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Le film "L'aile ou la cuisse"

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